Juin 072018
Lâchez tout, et regardez le film “Il était une forêt” de Luc Jacquet !

Ce film de Luc Jacquet, sorti dans les salles en 2013, et depuis en DVD, est un conte. Le titre le dit déjà. Il était une forêt…

Un conte magnifique, qui met en scène celui qui en a eu l’idée, le botaniste montpelliérain Francis Hallé, monsieur de 80 ans encore très alerte.

Il a été un des initiateurs, avec Gilles Ebersolt et Dany Cleyet Marrel, des missions du “Radeau des cimes“, idée géniale qui permet d’aller explorer le haut des forêts, qu’on appelle la canopée. Un conte avec ses créatures, ses histoires, sa féerie, ses moment sombres, et sa morale (mais pas barbante ni déprimante, plutôt de celles qui donnent envie de s’engager !).

Et ce conte, c’est la chronique de la vie des arbres dans la grande forêt tropicale. En partant de la mise à mort de cette dernière – la déforestation – à sa renaissance, pour passer de la forêt primaire à la forêt secondaire. Un conte pour nous montrer comment elle naît et comment elle grandit, comment elle se répare et comment elle s’auto-gère… Cette forêt qui nous survivrait, si l’homme voulait bien la laisser tranquille pendant au-moins 7 siècles !

On y conte l’histoire des arbres, et celle de toute cette faune minuscule ou imposante qui vit autour d’eux et grâce à eux. Des aventures belles ou effrayantes, car dans un conte, il en faut ! Je pense au figuier étrangleur, aux fourmis qui défendent un jeune arbre contre des chenilles ou encore à la façon dont les arbres charment les animaux (et pas seulement les insectes) par leur parfum. Toutes choses passionnantes qui donnent envie de se documenter plus avant.

LA FORET DES PLUIES. LUC JACQUET. Parque Nacional del Manu. Perou. 06 2012 ©Tristan Jeanne-Valès

Les arbres, ces géants magnifiques et immobiles, sont pourtant de grands voyageurs, à travers les graines qu’ils essaiment avec stratégie loin d’eux, par eau, par vent, par ailes ou pattes, nourrissant même les animaux dans le seul but de voir les fruits s’éloigner d’eux !

Les prises de vue de Luc Jacquet, aussi bien de détails que de vues générales sont extraordinaires (parce que la nature l’est !), la voix de Michel Papineschi douce et caressante, les dessins animés qui se superposent parfois à l’image, toujours à propos et bien utiles pour comprendre certaines notions, la musique d’Eric Neveux, magnifique.

LA FORET DES PLUIES. LUC JACQUET. Parque Nacional del Manu. Perou 06 2012. ©Tristan Jeanne-Valès

Deux scènes montrant Francis Hallé m’ont particulièrement frappée. La 1ère, amusante, est la vision de cet homme juché au sommet d’un arbre mesurant plusieurs dizaines de mètres, assis comme un gamin sur un muret, en train de faire des croquis de son hôte (il dessine beaucoup ses protégés), puis qui en descend en rappel !

La 2nde, effroyable, m’a fait penser à des films de science-fiction. On y voit M.Hallé errer sur un chantier de déforestation, hagard, perdu entre des troncs couchés, dans le silence absolu – les ouvriers ayant quitté les lieux le temps d’une averse – la terre détrempée, et où ne dominent plus que le gris, le verdâtre, le noir, comme une soupe de couleurs mortes. Vision effroyable de souches nues, dans un environnement devenu hostile et froid, dévasté et ravagé par les pluies. Voilà ce que l’homme fait de ses forêts…c’est donc bien réel… ☹

LA FORET DES PLUIES. LUC JACQUET. Parque Nacional del Manu. Perou. 07 2012. ©Tristan Jeanne-Valès

L’intelligence de la nature est pourtant sans fin, pourquoi l’anéantir comme cela ? Nous sommes nés dans ces grandes forêts tropicales il y a des millions d’années, mais nous semblons l’avoir oublié, tout comme nous oublions que les plantes nous offrent l’air que nous respirons. L’animal règne sur l’espace, et l’arbre sur le temps.

A la maison, nous sommes des fans absolus de documentaires animaliers et naturalistes de toutes sortes. Comme bien souvent celui-ci est à voir et à revoir, pour ma part c’est déjà fait. Il ne dure que 1h20, ce qui le rend très accessible aux enfants, qui adoreront l’histoire, les dessins animés, et la musique. Les enfants, futurs protecteurs de la nature.


On en discute ? ;)

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